Yoga Var

Ma dernière révélation en pratiquant le yoga

Cela arrive parfois : on pratique telle ou telle asana, parce que nos enseignants nous ont expliqué qu’elle préparait à telle autre, qu’elle avait d'énormes bienfaits sur notre santé générale, physique et/ou mentale, ou encore sur une zone ou un organe particulier. Et puis on prend l’habitude de l’intégrer à notre séance quotidienne, et finalement on s’applique à l’améliorer, à mieux se sentir dedans, à y être « en conscience », pour au bout du compte l’intégrer à une routine. On ne pense plus aux bienfaits, à ce qu’elle nous apportera après. Du tout. Cela signifie qu’après, on n’observe pas forcément notre évolution, ou bien on ne fait pas le lien entre ladite posture et ce qui en découle. Et pourtant, en découlent bien des choses !

C’est un fait. Et c’est normal, et c’est tant mieux. Enfin, tant mieux est une formule, car si on pouvait être attentif à chacune de nos pensées, chacune de nos réactions, chacune de nos interactions, on ferait du yoga toute la journée, Quoiqu'il en soit, dans la "vraie vie", on doit laisser la place au quotidien et à l’assimilation inconsciente, ce qui a du bon aussi…

Malasana, posture de la guirlande

Et puis un matin, sur le tapis, on retire ses chaussettes, et en les posant sur le sol, comme chaque jour, on se retrouve avec une douleur piquante dans le haut de la fesse gauche, qui nous coince littéralement dans la plupart des mouvements que l’on tente. Impossible de s’asseoir ou de s’agenouiller pour la méditation, impossible de faire nos exercices de pranayama, impossible même de s’allonger sur le dos en savasana : trop douloureux. La seule asana possible, et même apaisante, c’est la posture le la guirlande, malasana, la bien nommée - du moins pour moi aujourd’hui - : « j’ai mal à l’asana » !

Elle est assez simple à prendre, me donne presque l’impression d’être en repos. Elle allège mon sacrum, soulage le bas de mon dos, libère mes omoplates, et me permet de respirer profondément. Fantastique. Mais avouez que pour les petites choses du quotidien, à commencer par la vaisselle, on a vu mieux ! Alors on adapte, on s’organise, on alterne positions de repos, calée entre dix-sept coussins, petit sac de noyaux de cerises réchauffé pour soulager la zone critique, et malasana. Toute la journée.

 

Et à la neuvième prise de posture, la lumière. ON S’ADAPTE ! Eurêka ! Je l’enseigne pourtant chaque jour : "adaptez votre posture à vos limitations personnelles, n’allez pas au seuil de la douleur, apprenez de votre corps pour mieux déplacer ses limites, on a le temps, adaptez, adaptez"… je l’enseigne chaque jour, et je ne l’applique la plupart du temps que dans ma pratique personnelle du yoga !

Il se trouve que l’adaptation est souvent perçue comme une faiblesse, un renoncement. En réalité, c’est une force, et je m’en rends compte aujourd’hui. Elle permet de prendre de la hauteur (et la douleur étant souvent notre plus grand maître d’apprentissage, aujourd’hui, il m’en faut, de la hauteur !), du recul. Elle permet d’accepter « ce qu’on ne peut pas (encore) changer », elle permet de souffler, d’agir au lieu de réagir, formule chère à mon cœur. L’adaptation est notre meilleur allié, qu’il s’agisse du yoga ou de tout le reste de notre vie ! Adapter ne signifie pas s’adapter à une situation qui ne nous convient pas, cela signifie adapter nos actes et nos pensées dans un instant, cet instant que l’on sait éphémère, ce qui nous permettra ensuite de choisir quelle posture tenir face à la fameuse situation. Adapter notre parole donne du recul à notre pensée et donc à notre analyse. Adapter notre mouvement, notre geste, donne de la marge à la façon de le réaliser.

Adapter, c’est réapprendre, remettre en perspective, comprendre, choisir. Adapter c’est accepter l’évidence, sans pour autant s’y remettre (ni soumettre) aveuglément. L'adaptation, c'est ce qui permet l'évolution...

La douleur a fini par partir, évidemment, j’ai rangé mon petit sac de noyaux, mes coussins, et suis revenue à mon tapis avec reconnaissance. Mais j’ai gardé mes chaussettes quelques jours, quand même, « au cas où » ! ;-)

 

 

 

 

Cet article participe à l’évènement « Ma dernière révélation en pratiquant le Yoga! » du blog Adapter Son Yoga. C’est le blog d’une kiné ostéopathe et enseignante de yoga dont j’apprécie le contenu et l'approche, d’ailleurs, je vous conseille de le parcourir.

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